L’histoire de la mnémotechnique

Dans la mythologie grecque, l’aptitude mémorielle était incarnée par la mère des Muses, Mnémosyne, dont le nom fait référence à la mémoire et au souvenir. La mnémotechnie désigne les différentes méthodes qui existent afin d’optimiser sa mémoire. Elle est paradoxalement un art à la fois jeune et très ancien : ses fondements remontent à la Grèce Antique mais elle ne fait l’objet que d’un engouement relativement tardif et ses techniques ne cessent d’évoluer.

La mnémotechnie dans l’Antiquité et au Moyen-Âge

Les palais mentaux sont nés dans l’Antiquité. Le palais mental, c’est une technique phare de mémorisation que vous enseigne Memorease. Elle repose sur la mise en image de concepts, que vous placez mentalement dans un « palais », lieu familier que vous vous  représentez dans votre  esprit. Lorsque vous vous baladez dans votre palais, vous retrouvez alors aisément les concepts que vous aviez associés à ces images bien précises.

A cette époque, on attribue la méthode à Simonide de Céos, un poète lyrique grec. D’après la légende, près d’un siècle avant J.-C, il assiste à un dîner dans un temple, accompagné de plusieurs personnages importants de l’époque. Alors qu’il se trouve en dehors du temple, le toit de celui-ci s’effondre tuant tous les convives présents. Lorsqu’il faut identifier les défunts, défigurés et non reconnaissables, Simonide de Céos, qui se souvient de la place exacte qu’occupaient les personnes autour du banquet, est donc capable de donner l’identité des personnes décédées. C’est donc ainsi que le brave protagoniste aurait découvert la puissance de la mémoire épisodique, celle des lieux, composante de la mémoire à long-terme.

Par ailleurs en ces temps, la doctrine platonicienne de la réminiscence accorde à la mémoire une place primordiale : la culture grecque a d’abord été orale, nécessitant pour ceux qui la transmettaient d’entretenir leur mémoire. Ils usaient donc de méthodes mnémotechniques pour optimiser celle-ci. Peu le savent, mais une partie même de la Bible avait été mise sous forme de palais mental ! Il s’agit d’un résumé appelé la Cène de Cyprien -son auteur- qui permet de retenir les différents acteurs de la Bible par la mise en image de leurs caractéristiques de manière exagérée. 

Jusqu’au Moyen-Âge les lieux utilisés pour les palais étaient principalement des temples religieux, que l’on trouvait dans les récits bibliques. Thomas Bradwardine a été l’un des premiers à proposer une formalisation de ces systèmes mnémotechniques proposés par les anciens, dans son Ars Memorativa de 1325.

La mnémotechnie du XVIème siècle au XIXème siècle 

C’est aux alentours du XVIème siècle que le système majeur est né. Le système majeur est une méthode mnémotechnique qui consiste à associer des sons consonantiques à des chiffres, c’est une sorte de code « chiffres sons ». Il sert à retenir des mots en les encodant en chiffres, ou bien retenir des numéros/dates en les encodant en mots. Les bases de ce système ont été formulées par la mathématicien français Pierre Hérigone au XVIème siècle. Un dictionnaire classant les mots de la langue française selon leur encodage numérique voit même le jour en 1830 !

Au XIXème siècle, Aimé Paris et l’Abbé Moigno reprennent cette méthode dans leurs œuvres respectives Souvenirs du cours de mnémotechnie et Manuel de Mnémotechnie. C’est à cette période là que les auteurs commencent à exercer leurs talents en récitant le plus de décimales de Pi par exemple, petit jeu auquel on se prend encore aujourd’hui…

La mnémotechnie contemporaine

Aujourd’hui, les méthodes mnémotechniques sont malheureusement très peu exploitées. Un certain intérêt est cependant né autour de la mémorisation de compétition, qui utilise les méthodes ancestrales décrites dans cet article. Il existe en effet des tournois de mémorisation, des sortes de jeux olympiques de la mémoire, avec des records dans de nombreux domaines : la mémorisation de suite numériques, de décimales, de suites binaires, de dates, des mots, de cartes… Preuve que la mémoire peut être travaillée et maintenue sur le long-terme ! Ces tournois mondiaux suivent un protocole très strict. Presque tous les compétiteurs sont armés d’un casque antibruit, voire même de chapeaux ou de longues casquettes pour éviter toute perturbation sonore ou visuelle. Les plus grands noms de la mémorisation de compétition sont Dominic O’Brien, ou encore Ben Pridmore. 

Si vous voulez vous aussi rejoindre cette liste étroite de champions de la mémoire, commencez dès maintenant à vous former auprès de Memorease ! Vous y trouverez toutes les clés pour travailler votre mémoire avec pertinence et de manière durable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *